Le Roundup, l’embryon d’oursin, la division cellulaire et les mécanismes à l’origine de la cancérisation

jeudi 3 janvier 2008

Dans le domaine de la toxicologie et de l’implication de nouvelles molécules en matière de santé, le modèle biologique du développement précoce de l’oursin, dont l’oeuf constitue une cellule souche par excellence, peut être utilisé pour prédire le risque de cancer dû à des molécules ou des combinaisons de molécules, bien avant le moindre signe clinique de la maladie. C’est ainsi que le risque cancérigène d’un herbicide d’usage intensif dans le monde, le Roundup*, dont le glyphosate est l’élément actif, a pu être démontré. L’embryon d’oursin, le point de surveillance de l’ADN endommagé de la division cellulaire et les mécanismes à l’origine de la cancérisation

''par Robert Bellé, Ronan Le Bouffant, Julia Morales, Bertrand Cosson, Patrick Cormier & Odile Mulner-Lorillon''

Reçu le 22 juin 2007 Journal de la Société de Biologie, 201 (3), 317-327 (2007)

La division cellulaire est essentielle pour l’hérédité, le maintien et l’évolution du monde vivant. Lors d’une lésion de l’ADN au cours de la division cellulaire, les « points de surveillance (= checkpoints) de l’ADN endommagé » exécutent les fonctions d’arrêt du cycle, de la réparation de l’ADN et de l’orientation vers la mort cellulaire par apoptose lorsqu’une réparation est impossible. À propos de l’origine des cancers, deux concepts majeurs se renforcent de jour en jour : les cancers s’initient par un dysfonctionnement des points de surveillance de l’ADN endommagé et les cancers naissent de la transformation de cellules souches « normales » en cellules souches « cancéreuses ». Ce dernier concept modifie la définition même des cancers puisqu’il est démontré qu’une cellule souche «cancéreuse » suffit pour générer la tumeur, bien avant les signes cliniques de la maladie.

Le développement précoce de l’oursin représente un excellent modèle expérimental pour appréhender l’analyse du fonctionnement des points de surveillance du cycle de division, car il présente l’ensemble des éléments de régulation, comme le montrent l’analyse du génome complet et l’existence d’un point de surveillance de l’ADN endommagé tout à fait opérationnel.

Le modèle biologique du développement précoce de l’oursin, dont l’oeuf constitue une cellule souche par excellence, permet d’aborder l’étude de l’origine de la cancérisation. Dans le domaine de la toxicologie et de l’implication de nouvelles molécules en matière de santé, le modèle peut être utilisé pour prédire le risque de cancer dû à des molécules ou des combinaisons de molécules, bien avant le moindre signe clinique de la maladie. C’est ainsi que le risque cancérigène d’un herbicide d’usage intensif dans le monde, le Roundup*, dont le glyphosate est l’élément actif, a pu être démontré. Le modèle expérimental de l’embryon d’oursin permet ainsi de progresser considérablement dans la prévention des cancers par la connaissance des produits à risques et d’envisager de nouvelles formes de diagnostic précoce de la maladie par la mise en évidence de marqueurs moléculaires. Prévention et diagnostic précoce sont deux des éléments décisifs de la lutte contre le cancer.

Article complet ici:

http://seaus.free.fr/IMG/pdf/REVUE_JSB_2007_201_3_317_R._BELLE_1-1.pdf