Pour les huit faucheurs volontaires convoqués en gendarmerie, hier matin, le combat continue. À l'issue des audiences, menées aux quatre coins du département, tous sont appelés, désormais, à se présenter devant le Procureur de la République de Foix, les 1er, 8 et 14 février prochains, dans le cadre d'une médiation pénale.

Une mesure, censée être une alternative aux poursuites pénales, qui intervient alors que «des faits de dégradation ou détérioration du bien d'autrui commis en réunion» leur sont reprochés.

Pour rappel, le 27 septembre dernier, une action coup de poing avait été menée dans deux enseignes ariégeoises. Au total, une dizaine de bidons d'herbicides avaient été rendus impropres à la vente. Un préjudice estimé à 3 000 € par les assureurs des deux structures. Alerter l'opinion publique

Cette nouvelle convocation est surtout l'occasion pour les faucheurs volontaires de continuer à se faire entendre et dans un même temps, d'alerter l'opinion publique.

«Nous ne comptons pas négocier, nous aimerions faire le procès du glyphosate, publiquement. Nous n'arrêterons pas nos actions tant que son utilisation ne sera pas complètement et définitivement interdite», note de son côté Dominique Masset, l'un des membres actifs du collectif, également convoqué ce matin à la gendarmerie de Foix.

«Nous avons pour principe de faire valoir notre droit au silence. C'est ce que j'ai fait. J'ai simplement reconnu les faits.» ajoute-t-il.

Idem pour ses sept autres camarades, convoqués devant les brigades de gendarmerie de Pamiers, La Bastide-de-Sérou, Mirepoix et Lavelanet. Une soixantaine de personnes mobilisée en soutien

Afin de soutenir les huit faucheurs volontaires convoqués, hier, une soixantaine de militants ont bravé le froid pour se poster devant les différentes gendarmeries concernées. L'ensemble des personnes mobilisées dénonçait une «volonté claire de la part des forces de l'ordre de tuer le mouvement dans l'œuf.» En dispersant les convocations aux quatre coins du département, cela a évité un mouvement d'ampleur dans un seul lieu. Ce qui n'a pas empêché les militants de se déplacer par petit groupe.

Océane Oulés